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Plantes Maraîchères


La Morelle Noire

Solanum scabrum Miller

La Morelle Noire



Exigences Climatiques et Telluriques

La morelle noire pousse invariablement en plaine et sur les plateaux. Il existe plusieurs espèces sauvages avec des cerises noires. Cependant, l'espèce cultivée la plus commune en Afrique de l'Ouest et possédant des cerises noires, appartient au groupe de Solanum scabrum. Ce groupe d'espèces est parfois considéré à tort, comme appartenant à l'espèce Solanum nigrum qui est une plante vénéneuse d'Europe, ne poussant pas généralement en Afrique. La morelle noire pousse sur différents types de sols. Cependant, sa culture nécessite des pluies régulières ou des arrosages fréquents. La morelle noire n'est pas tolérante à la sécheresse.


Graines et Semis

Les graines doivent être mélangées au sable ou de la cendres afin d'obtenir un semis régulier. Le mélange est semé par dispersion ou en lignes espacées de 15 à 20 cm sur un sillon. Un meilleur taux de germination est obtenu lorsque du fumier a été incorporé au sol. Il est préconisé d'utiliser un sol de type limoneux pour la pépinière afin de protéger les racines fragiles des jeunes plants. Afin de ne pas être dispersées par les termites, les graines doivent être recouvertes de terre après le semis. De plus, il est recommandé de protéger le sillon avec de la paille ou un materiel identique afin de préserver l'humidité au niveau du sol pendant la saison sèche. Cette couverture de paille peut être enlevée lorsque les jeunes pousses ont environ 3 cm de haut. Les repiquages au champ se font lorsque les semis ont 6 feuilles étalées ou lorsqu'ils ont environ 15 cm de haut. La distance entre les plantes et entre les rangées est de 20 cm pendant la saison sèche. Afin de réduire l'incidence des maladies pendant la saison des pluies, la distance est de 20 cm entre les plantes et de 50 cm entre les rangées. La distance entre les plantes doit être augmentée pour les variétes à larges feuilles telles que celles cultivées à Foumbot. Le semis direct pendant la saison des pluies permet d'obtenir des plantes hautes mais ce système nécessite des pluies additionnelles.

Fertilisation

La morelle noire nécessite de gros apports en azote et autres éléments nutritifs. Par conséquent, elle se développe bien sur les sols riches en matière organique. Elle se développe aussi bien sur des sols recouverts de cendres provenant des brûlis de plantes. Les cultivateurs utilisent principalement des engrais minéraux de type NPK 20-10-10, urée ou sulfate d'ammonium lorsqu'ils ne disposent pas de fumier à base de matière organique ou de déjections animales. Des engrais supplémentaires sont dispensées aux plantes une fois après deux récoltes successives. Cependant, l'excès d'azote rend les plantes sensibles aux maladies, à moins d'équilibrer la fertilisation avec des apports de potassium. De plus, ces apports excessifs d'azote influencent le taux de nitrite dans les feuilles et les tiges, ce qui pourrait nuire à la santé des consommateurs.


Gestion des Cultures

Des arrosages fréquents sont nécessaires pour l'obtention d'un bon rendement en feuilles. Le désherbage est utile seulement pendant les premières semaines de culture. Les pucerons sont parmi les principaux ravageurs. Leurs dégâts sont caractérisés par l'enroulement foliaire ce qui rend les feuilles non attractives pour le consommateur. Les maladies de la morelle noire sont les mêmes que celles de la pomme de terre et de la tomate, par conséquent, il est indispensable de pratiquer une rotation avec d'autres cultures telles que l'amaranthe. Dans les régions ayant une humidité relative élevée, il est recommandé de maintenir de grands intervalles entre les plantes. Il est indispensable de suivre les recommandations du fabricant avant de pulvériser les pesticides.

Récolte et Conservation

Les plantes sont prêtes pour la récolte environ cinq semaines après le repiquage des semis. La récolte se pratique en coupant les branches situées 10 à 15 cm au-dessus du sol. Cette pratique permet un développement des rameaux latéraux . Des ramassages à une semaine d'intervalle permettront jusqu'à 6 récoltes par plante, avec des apports limités de fumier ou d'engrais. Si la récolte consiste en un seul ramassage, la distance entre les plantes à arracher peut être de 10 cm. Cette méthode est principalement pratiquée lorsque des terres cultivables sont disponibles au moins deux mois avant le début de la plantation des cultures de base. Après la récolte, les racines sont immergées dans l'eau pour garder les produits frais.

Les récoltes doivent être effectuées tôt le matin pour les ventes le même jour. Autrement, pour les ventes le lendemain, les récoltes sont faites tard dans l'après-midi et les feuilles conservées dans des emballages en plastique ou dans des feuilles de bananier. Les feuilles sont ensuite attachées en petits bouquets et une fois les fleurs enlevées, la récolte est amenée au marché. Afin d'éviter les pourritures, les bouquets sont maintenus droits et arrosés soigneusement. Le rendement peut atteindre 40 tonnes par hectare.

 9/2001



Publié par le projet de recherche en plantes maraîchères africaines. Financé par le Département pour le Développement International (DFID). En collaboration avec L'AVRDC Programme Régional Africain; L'Institut des Ressources Naturelles, Royaume Uni; HORTI-Tengeru, Tanzanie; L'Université de Dschang, Cameroun. Pour plus de renseignements, prière de contacter le Directeur.

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